Parcourir le monde (171) fragment


Le soir est une caresse. Il suffit de se déchausser, de déposer les armes, d’abandonner son sac, dans le sable, à côté des affaires de ville et des chaussures qu’on tenait à la main depuis quelque temps déjà, il suffit de tout laisser là, en plan, de tout oublier, dans les vagues immobiles du sable, de se tourner vers l’ailleurs, d’écouter les vagues, d’oublier ce pourquoi, et en dépit de quoi, et malgré tout, et puis qu’importe ?, alors tout se dénoue, on entre dans l’insouciance perdue si longtemps que même sa saveur avait disparu de nos lèvres, on avance, et puis on ne réfléchit pas, pas le moins du monde, on ne sait pas pourquoi, il doit y avoir un instinct très sûr pour ces choses là, sans qu’on sache quelles elles sont, on prend le large, on dévie de la route, on choisit l’horizon, il n’y a rien à faire, qu’à entrer dans l’eau calme et apaisée, elle porte, on se laisse porter, on tient, on est entrée, elle est fraîche, un peu trop, ce n’est rien, elle porte, il y a à peine une vague, qu’un bateau vient de dessiner, et on s’en tient à l’horizon.



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 19 juillet 2016.



vos commentaires et interventions

|Parcourir le monde|
Parcourir le monde (187) Fragment
Parcourir le monde (186) Fragment
Parcourir le monde (185) Fragment
Parcourir le monde (184) Fragment
Parcourir le monde (183) Fragment

mots-clés

Follow IsabelleP_B on Twitter

vos commentaires