Pas de violence dans cette vie là, ma vie. Rien que du doux sucré tendre CALME. Non pas de violence dans ma vie j’en veux pas ça fait peur, suis pas violente moi jamais si calme calme calme. Et puis patiente. Gentille patiente gentille patiente. Même la dame elle l’a dit « yougoodgirl » un seul mot tout compris, voilà c’est moi vie Malabar qui colle qui bulle jamais de violence, j’existe pas.
Violence miroir. Isabelle si jolie si-belle-Isabelle tout le monde le dit parce que c’est vrai si calme si douce, facile tu vois tu lui demande un truc elle le fait gentiment et c’est si rare tu sais, Isabelle si jolie douce patiente et puis les autres ils la regardent, ils regardent ses épaules son dos joli joli on les voit qui regardent et Isabelle elle aime pas ça, elle regarde pas. Ils regardent tous et personne voit.
Violence le silence. Violence du train qui roule roule et de sa vie qu’on roule comme la Barbe à Papa doucement doucement ça tourne et ça s’enroule la vie Barbe à Papa, violence en sucre et en silence roulés collés, plus aucun son personne entend ça crie là-dedans.
Violence les mots. Tout ce qui crève les yeux que j’essaie de ne pas voir elle a dit -écrit- et puis aussi ARRETE de poser des questions. Violence de tout ce qui crève les yeux, des questions qu’on pose pas. Et pourquoi dis pourquoi ?
Violence le cri. Son cri et mon cœur mille morceaux, laisse s’il te plait elle doit dormir laisse-moi la prendre viens dans mes bras bébé pleure pas. NON t’as pas fait ça allez dis moi t’as pas fait ça sinon je suis morte, silence des brumes. Rembobiner, Barbe à Papa serré collé j’ai essayé, encore, très fort : pas de marche arrière Barbe à Papa. Bébé pleure pas maman est là, je suis morte dedans maman est là.
Violence de moi. Violence du compromis ni oui ni non. Violence de moi à moi d’abord je t’aime PAS même te déteste, tu l’as laissée t’as tout cassé maman est là n’importe quoi, t’as rien compris le compromis. Mais promis quoi non pas de violence dans cette vie là cœur qui bat sang qui bat pas pour toi ? Barbe à Papa n’importe quoi ! Bats-toi-bats-toi ou je veux plus de toi.
Violence des corps. Dos bien droit jambes collées pas serrées. Talons bas détends toi mal partout presque à l’amble. Recommence. Perdu le temps. Jambes désarticulées. Mordu dans la poussière, dansé en désuni, jeté mon corps par terre, la danse est pas finie. Perdu mon corps dans le sable le vent l’écume de ton poitrail la poussière plein la bouche de l’eau vite vite, perdu les mots les questions qu’on pose pas et tout ce qui crève les yeux.
Violence mon corps. Les pieds aux étriers dos courbé mains aux pieds. Jambes désarticulées. Pousse détends toi mal partout presque là. Recommence. Poussé toute ma vie, jamais crié plus même un souffle, ton cœur qui bat ton cœur si bas. Coupé tout au métal mais coupé quoi ma peau mon corps tout ce qui fait OBSTACLE. Perdu mon corps dans mon sang tes yeux l’oxygène -respirez- perdu les mots les questions qu’on pose pas et tout ce qui crève les yeux.
Violence ton corps. Violence des dents plantées bien serrées ton épaule arrimée. Violence des mains qui cherchent quoi je sais pas mon corps-ton corps qui bat-résiste en désuni danse infinie. Recommence. Tu sais toi-moi je sais pas je peux pas dire non pas le dire, t’as qu’à deviner toi-fille-garçon. Je devine rien ça crève les yeux je devine rien laisse les questions. Perdu mon corps fille-garçon dans ton corps tes mots tes bleus ton sourire. Perdu les questions qu’on pose pas et tout ce qui crève les yeux.
Violence ne pas. Tout ce qui crève les yeux que j’essaie de ne pas voir. Non pas de violence dans ma vie que de la Barbe à Papa et une vie en ne-pas. Ne pas un œil crevé. Ne pas j’ai tout regardé. Perdu le nord perdu le corps et tout-ce qui-crève-les-yeux. Perdu la peur.
Ma vie à moi c’est même pas ça la dame l’a dit « yougoodgirl » un seul mot tout compris voilà c’est moi la prochaine fois elle dira pas, non pas comme ça la prochaine fois la vie c’est moi, la prochaine fois Barbe à Papa !
1ère mise en ligne et dernière modification le 19 octobre 2011.
