… jusque dans les limites de la ville … 


Le temps est une distance, il se distend, se déploie, le temps est une distance imposée, il se distend nous éloigne de nous, surimpose, entre nous et nous, surimpose, superpose, entre soi et soi, entre nous et nous, des strates que nous ne traversons plus, il se distend, dans des strates, les unes sur les autres, les unes après les autres, qui ne se traversent plus, ne se laissent plus traverser, il nous prend
dans des réseaux de plus en plus
complexes, d’impressions, entre soi et soi surimposées, le temps est une distance surimposée, comme des reflets dans une vitre, entre nous et le monde, un reflet dans une vitre, en nous et nous, des reflets qui se superposent, se surimposent, comme des souvenirs, soudain il y a trop à voir dans le monde avant d’atteindre le monde, à distance de nous, il se superpose des impressions, que nous ne traversons plus, entre nous, le temps est une distance que nous ne traversons plus entre nous
et le présent,
le présent comme
à travers une vitre, la présence du monde comme à travers une vitre, celle du temps, surimposé, de la distance qu’il instaure, entre soi et le présent, entre soi et le monde, à travers les souvenirs, les nôtres, on ne passe plus, on ne traverse plus le monde, entre soi et le monde, il y a la distance que le monde impose, instaure, surimpose, on aperçoit parfois le monde, à travers la distance qu’instaure, entre toute présence possible, le temps surimposé à soi
tandis que l’espace nous enserre.

étroitement dans les limites de la ville, hérissée, dressée, dans les limites de la ville l’espace nous enserre, nous tient, retient nos pas, l’espace retient nos gestes, nos mouvements, coupe nos élans, les brise, au coin d’une rue, à un carrefour, on attend, pour traverser on attend, on retient, dans les flux, nos pas trop rapides, nos élans, on regarde à gauche, à droite,
encore à gauche,
avant de traverser, on suit les flèches, on suit les traces, au sol les traces, elles nous indiquent, où aller, par où passer, par où on peut, l’espace, la ville nous cadre, un pas puis l’autre, dans la file, comme tout le monde, on montre son sac, on passe sous le portique, on attend, l’espace, la ville nous retient, empêche, recommencez, on recommence, retour arrière, on passe sous le portique, cette fois ça ne sonne pas, on passe, on reprend le pas, on retrouve la file, simplement la file, on suit la file, son rythme, pas le nôtre, le nôtre, on ne sait plus, on l’a perdu, on essaie,
on essaie de passer, de retrouver les gestes, de retrouver ses gestes, la fluidité des mouvements, les élans, autrefois
les élans, on prend à droite, on suit les flèches, comme tout le monde.

Au détour d’un couloir, il y a le ciel derrière une vitre.



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er mars 2014.



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Lire les bords des mondes. Points de repère.
… jusque dans les limites de la ville … 
… ce qu’il nous a toujours été …
… ce que nous est le vent …
… en cherchant à respirer … 

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