… ce que nous est le vent …


Ce que nous est le monde.

Ce que nous est le vent. Cinglant comme l’hiver.
Cela
que le monde nous est, que le vent nous est
cela
présence pure et immédiate
du monde, du vent

Ce que le vent nous est
à quoi nous ne sommes rien
rien qu’un souffle
minuscule, en lui respirant le monde, en lui respirant la vie.

Ce que le vent pur nous est : possible pur
d’être.

Dans le vent, les voix s’en vont se perdre et dans le souffle du vent immense et glacé, je ne sais plus ce que nous nous sommes dit, je me souviens que nous avons ri : je me souviens, dans le vent glacé du monde, pur soleil, pur hiver,
je me souviens d’un éclat de rire

rire éclatant dans le vent de l’hiver

à couper le souffle, le rire éclate dans le vent de l’hiver, je ne sais plus du tout pour quelle raison, pourquoi, je ne sais plus
mais comme nous riions dans le vent de l’hiver

à perdre haleine,

je ne sais plus ce que nous avons confié au vent de l’hiver, je ne sais plus ce que nous avons confié au vent de la mer, seulement ici un éclat de rire se mêla au vent, s’emmêla à lui comme lui dans nos cheveux, et nous avons éclaté de rire

pur être dans le monde (où les phrases viennent éclabousser le silence comme l’écume des vagues sur le rivage).



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 février 2014.



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Lire les bords des mondes. Points de repère.
… jusque dans les limites de la ville … 
… ce qu’il nous a toujours été …
… ce que nous est le vent …
… en cherchant à respirer … 

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