Image 200 d’une opposition tenace et souriante


Contraste. Du monde et de soi. Comme un slash. Une petite structure avec laquelle on joue, qu’on tourne entre ses doigts, sur laquelle on s’obstine.

Une très légère opposition, mais par laquelle on note, on indique très clairement qu’on ne pactisera pas. Jamais

Le corps tiède dans la chaleur du lit et de la nuit ressent l’air frais du matin : il vient, caresse les joues. La fenêtre est entrebâillée, et soi-même, on s’étire. L’opposition de soi, du monde rend la respiration légère, réaffirme la présence, intacte, au sortir des brumes de la nuit. Soi, respirant, s’étirant, paressant, et le jour qui pointe, petit jour, frais et décidé, et soi, paresseusement obstiné à ne pas bouger. Pas encore. Pas tout de suite.

Contraste, de soi, du monde. On ne cède pas. C’est essentiel.

Le froid du matin qui enveloppe les épaules, insiste encore, on résiste un peu, on se resserre sur la petite brûlure de café, entre les doigts, contre la main, on sort peu à peu des rêves, matin froid, café noir et brûlant, on résiste, point de conscience obstiné face au monde, resserrant les doigts, les phalanges, sur autre chose que le monde qui nous attire dans le monde.

On ne pactise pas, on ne cède pas.

Minuscules victoires : soi vivant obstiné. Le monde est un brouhaha sans limite, on traverse les gares, les villes, les espaces, et on a en soi, la pulsation, palpitation ténue du cœur obstiné. Pas un instant, il n’arrête. Pas un instant il ne suspend la pulsation, palpitation, diastole systole ; il s’obstine. Les autoroutes déversent leurs flots. Et on a en soi l’obstination de cette pulsation. Le monde se déploie, nous engloutit mais rien ne suspend la pulsation, palpitation, ténue, obstinée. Diastole systole.

On ne cède pas, on ne cède sur rien, face au monde.

Et ce sourire sur le visage. Il flotte sur les lèvres, il revient, parfois il passe, on ne sait pas toujours très bien pourquoi, pour une chanson, un souvenir, ce sourire, qui flotte dans l’air, comme le chat du Cheshire, après tout pourquoi pas un instant le laisser passer sur soi ? _



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 septembre 2013.



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