Parcourir le monde (102) en symétrie


Le monde, filant comme une étoile, de ces lieux que nous ne pourrons jamais retenir,

de ces images que nous ne pourrons jamais retenir, qui glissent sur nous, passent, il ne sert à rien de tendre la main, la vitre indifférente nous sépare du monde,

nous n’y pouvons rien, seuls nos regards, et nos rêves et nos attentes la traversent, mais la pluie ne ruissellent que sur elle, et son tracé nous indique à quelle vitesse nous filons dans le monde.

L’horizontalité retrouvée de la pluie sur la vitre nous indique la vitesse retrouvée et le défilement du monde, repris enfin. Le monde passe. Et nous ne pouvons pas sentir le vent.

On devine, des entrelacs, des strates, des croisements, des recoupements, on devine des hypothèses s’établissant dans le monde, mais on ne peut que constater qu’elles nous échappent,

et même pas tendre la main vers la caresse du vent.

Ce que nous croisons du monde ne nous est rien derrière les vitres qui nous isolent, et sans doute, dans ce jeu de miroirs et d’hypothèses pouvons-nous entendre, comme un froissement au loin de nous,

que nous ne sommes presque rien.



Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 mai 2013.



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